Préretraite : le guide 2025 pour agir, transmettre et s’épanouir
- Florian Reboussin
- 7 min
Arrêtez tout ! Que vous soyez à l’aube de la fin de votre carrière en pleine recherche de sens, ou un professionnel RH/DAF cherchant à optimiser cette période pour vos collaborateurs ce guide est fait pour vous. La préretraite peut sembler être un terme vieillot, mais en 2025, elle est un levier puissant pour retrouver du sens, valoriser des années d’expérience et adoucir la transition vers un nouveau chapitre de vie. Fini le sentiment de mise au placard : il est temps de faire de cette période une véritable opportunité pour vous, vos équipes et votre entreprise. Ensemble, explorons ce nouveau paysage.
Préretraite : de quoi parle-t-on vraiment en 2025 ?
Avant de foncer, clarifions le vocabulaire. L’univers de la retraite et de la préretraite est un véritable labyrinthe de termes et de dispositifs. En 2025, le décor change, et il est crucial de bien s’y retrouver pour ne pas se perdre. Pensez à cette période comme à un pont entre deux rives : la première, c’est votre carrière active, et la seconde, c’est la retraite. Pour le traverser sereinement, il faut une bonne carte et un bon équipage. Notre conviction, c’est que ce pont doit être un lieu de vie et non une simple passerelle.
Fin des “préretraites” publiques classiques, place aux nouveaux leviers
Si vous avez en tête l’image de la « préretraite » comme un dispositif public universel où l’on arrête de travailler plusieurs années avant la retraite, laissez-la derrière vous. Ce système, jadis populaire, n’existe plus sous sa forme originelle depuis 2011. Aujourd’hui, on ne parle plus de « préretraite » à la française, mais d’une mosaïque de dispositifs flexibles qui permettent une transition souple et active. L’objectif a radicalement évolué : il ne s’agit plus de quitter, mais de passer le cap en douceur, en valorisant l’expérience. Vous passez de la simple « sortie » à une « transmission ». Nous pensons que c’est un changement très positif : cela remet l’humain et son savoir-faire au centre du jeu, loin de l’idée désuète d’une mise à l’écart qui pouvait parfois être très dure à vivre pour les seniors.
Pourquoi viser la préretraite active ?
La préretraite active, c’est bien plus qu’une simple préparation à la retraite. C’est une façon de rester engagé, de continuer à contribuer et d’éviter ce sentiment de déconnexion que beaucoup de seniors redoutent. Pour un salarié, c’est l’occasion de retrouver un rythme plus doux, d’explorer de nouvelles passions tout en maintenant un lien social et un sentiment d’utilité. Pour une entreprise, c’est une opportunité en or de conserver des talents expérimentés, de transmettre leurs savoirs aux plus jeunes via du mentorat ou de la formation, tout en montrant son engagement social. D’après nous, le modèle de la mise au placard est obsolète. Celui de la valorisation des compétences senior est l’avenir.
Nouveautés 2024-2025 en 5 minutes
Les règles évoluent ; cap sur l’essentiel. L’année 2025 apporte son lot de changements, il est donc essentiel de bien se tenir informé pour prendre des décisions éclairées. Imaginez un terrain de jeu dont les règles viennent d’être mises à jour : il faut les connaître pour bien jouer et ne pas se retrouver hors-jeu.
Retraite progressive dès 60 ans au 1er septembre 2025
C’est sans doute le changement le plus attendu. À partir de 60 ans, vous pouvez désormais travailler à temps partiel et commencer à percevoir une partie de votre retraite. C’est une vraie flexibilité qui vous permet de réduire la voilure sans couper les ponts, et de garder un pied dans l’emploi tout en préparant votre transition. C’est une excellente option pour ceux qui ne se sentent pas prêts à arrêter totalement leur activité. C’est une sorte d’atterrissage en douceur.
Fin du malus Agirc-Arrco
Bonne nouvelle ! Le malus qui pénalisait les retraites complémentaires pour certains départs anticipés prend fin au 1er septembre 2025. Cette suppression est une excellente nouvelle pour les futurs retraités qui cherchaient à optimiser leur pension. C’est un obstacle de moins pour ceux qui veulent partir plus tôt sans sacrifier leurs droits.
Cumul emploi-retraite “créateur de droits”
Auparavant, travailler après avoir liquidé sa retraite ne permettait pas de cotiser pour de nouveaux droits. Ce n’est plus le cas. Le cumul emploi-retraite permet désormais, sous certaines conditions, de continuer à cotiser et de gagner de nouveaux droits pour votre retraite, si vous avez liquidé tous vos régimes.
Pénibilité (C2P) : des points qui avancent l’âge de départ
La pénibilité au travail est enfin mieux reconnue. Le compte professionnel de prévention (C2P) accumule des points qui peuvent vous permettre de partir plus tôt, en fonction de votre exposition à des risques professionnels. C’est un droit que beaucoup de salariés ignorent encore, et il est essentiel de s’informer pour faire valoir ces points et anticiper votre départ. Nous pensons que c’est une avancée majeure pour la reconnaissance du travail des salariés.
Emploi et chômage des seniors
De nouvelles mesures visent à améliorer l’emploi des seniors et à mieux accompagner ceux qui se retrouvent au chômage. C’est une reconnaissance de la valeur et de l’expérience des travailleurs expérimentés.
Choisir votre voie de préretraite : mode d’emploi, atouts et limites
À chaque situation, sa boussole. Il n’y a pas de voie unique pour la préretraite. Votre choix dépendra de votre situation personnelle, de votre parcours professionnel et de vos objectifs.
Retraite progressive :
Atouts : Elle vous permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de votre retraite. C’est un excellent moyen de réduire votre charge de travail sans pour autant arrêter toute activité.
Limites : Vous devez être à 2 ans de l’âge légal de départ.
Carrière longue :
Atouts : Si vous avez commencé à travailler jeune, vous pouvez partir plus tôt que l’âge légal.
Limites : Le calcul des trimestres est complexe.
Pénibilité (C2P)
Atouts : Ce dispositif vous permet de partir plus tôt si vous avez été exposé à des conditions de travail difficiles.
Limites : La reconnaissance de la pénibilité peut être complexe et le nombre de points est limité.
Amiante (ACAATA) :
Atouts : Ce dispositif spécifique permet un départ anticipé pour les salariés exposés à l’amiante.
Limites : Il faut avoir travaillé dans une entreprise reconnue pour l’exposition à l’amiante.
Cumul emploi-retraite :
Atouts : Vous pouvez travailler après avoir liquidé votre retraite, ce qui vous permet de compléter vos revenus.
Limites : Vous devez avoir liquidé tous vos régimes de retraite.
Outils RH (RCC/PDV/TPS) :
Atouts : Les entreprises peuvent mettre en place des dispositifs de départ volontaire pour leurs salariés en fin de carrière.
Limites : Ces dispositifs dépendent de la stratégie de l’entreprise et ne sont pas toujours disponibles.
Faire de la préretraite un projet utile : mécénat de compétences & engagement solidaire
Transformer du temps libéré en impact concret, c’est la mission de Day One. Le mécénat de compétences est un puissant levier pour cela.
Pourquoi c’est gagnant-gagnant :
Pour le salarié : C’est l’occasion de transmettre son expérience, de maintenir un lien social, et de se sentir utile.
Pour l’entreprise : C’est un atout pour la marque employeur, et la possibilité de valoriser l’engagement de leurs salariés.
Pour les associations : C’est l’occasion de bénéficier de compétences et de ressources humaines précieuses. C’est un pari sur l’avenir qui permet de consolider votre marque employeur, d’attirer de nouveaux talents et d’engager vos collaborateurs seniors.
Cadre fiscal & social en 2025 :
Le mécénat de compétences est un dispositif très intéressant pour les entreprises. Elles peuvent déduire de leurs impôts jusqu’à 60% du coût salarial du salarié mis à disposition. Pour les salariés, c’est une opportunité unique de s’engager sans impacter leur salaire
Comment lancer une mission :
Pour lancer une mission, il suffit de se connecter sur une plateforme d’engagement solidaire, de choisir une association qui correspond à vos valeurs, et de se mettre en relation. Day One vous accompagne à chaque étape du processus pour s’assurer que vous tirez le meilleur parti de votre engagement.
Checklists opérationnelles (à cocher sans modération)
On passe de l’intention à l’action. Voici quelques listes pour vous aider à y voir plus clair.
Vos 10 pièces incontournables :
- Relevé de carrière : Indispensable pour estimer vos droits et valider vos trimestres.
- Simulation de pension : Essentielle pour savoir à quoi vous attendre financièrement.
- Lettre de demande de retraite progressive : Si vous optez pour cette voie, ce document est la clé d’entrée.
- Bilan de carrière : Pour faire le point sur vos compétences et vos envies pour la suite.
- Attestation de droits C2P (si applicable) : Ne passez pas à côté de ces points si vous avez été exposé à des facteurs de pénibilité.
- Plan de transition : Un document interne avec votre employeur pour organiser votre temps partiel.
- Contrat de mécénat de compétences (si applicable) : Pour encadrer votre engagement solidaire.
- Dossier de liquidation : Le document final à soumettre à votre caisse de retraite.
- Bilan de santé : Pour vous assurer que vous êtes en forme pour aborder ce nouveau chapitre.
- Prévisionnel financier : Pour bien gérer votre budget avec vos nouvelles rentrées.
Timeline “T-6 mois → Jour J” :
- T-6 mois : Informez votre employeur de votre souhait de transition.
- T-4 mois : Demandez votre relevé de carrière.
- T-2 mois : Finalisez votre projet de mécénat.
- Jour J : Soumettez votre dossier.
Indicateurs “sens & sérénité” :
- Votre niveau de satisfaction
- L’impact de vos actions
- La qualité de vos relations
Pièges à éviter (et bons réflexes)
Confondre “validés” et “cotisés” :
- Piège : Penser que tous les trimestres validés sont des trimestres cotisés.
- Bon réflexe : Vérifiez votre relevé de carrière.
Oublier l’impact du temps partiel sur la pension :
Piège : Ne pas prendre en compte l’impact du temps partiel sur le calcul de votre pension.
Bon réflexe : Faites une simulation de pension pour un temps partiel.
Signer un départ sans mesurer l’effet chômage/santé/indemnités :
Piège : Partir sans avoir une vision claire de l’impact de votre départ sur vos droits.
Bon réflexe : Faites un bilan de carrière et de retraite.
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